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La mémoire mise en page

© Claude Simon, Le Jardin des Plantes [1997], in Œuvres, édition établie par Alastair B. Duncan, avec la collaboration de Jean H. Duffy, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2006, p. 903-1178 :

 

   

« Si toute œuvre artistique est, d’une certaine manière, mémoire, en tant qu’elle souhaite faire perdurer ce qu’elle expose, la composition du Jardin des Plantes en redouble le projet. Le but mémoriel est clairement indiqué, il est encore visuellement marqué par l’empreinte qu’il laisse sur les pages : elles gardent mémoire du travail, c’est-à-dire du corps du créateur. Leur agencement esthétique, qui en résulte, en témoigne également, alors que le lissé linéaire des ouvrages ordinaires l’oblitère. La corrélation établie par Claude Simon entre construction du roman et construction de soi conduit à considérer “la feuille, lieu où se fait le livre, où le livre fait le moi” ».

« La mise en page porte la trace d’une confrontation avec ces matières mémorielles. Elle fait voir l’effort de leur arrangement dans les différentes configurations essayées : damiers, constellations, vis-à-vis, succession. »

Extraits de Claude Simon, l’avidité de vivre, de Marie Hartmann, Caen, Presses universitaires de Caen, 2024, p. 214-215.

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