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Éditions Claire Paulhan

Lors d'une nouvelle journée d'étude des Ateliers du livre, intitulée Le couple auteur / éditeur,  la BNF a invité historiens du livre et de la littérature, journalistes, écrivains et éditeurs – dont Claire Paulhan.

Claire Paulhan édite des écrivains morts, des seconds couteaux de l'entre-deux-guerres. Son grand-père, Jean Paulhan, a dirigé la NRF en 1925-1940, puis en 1953-1968 : un champ intellectuel dans lequel elle pioche avec passion. Elle est à la recherche de manuscrits originaux inédits, écrits avec style et esprit. 

A-t-on le droit d'éditer un écrivain mort ?

« Si l'auteur laisse derrière lui des inédits sans préciser sa volonté, on peut supposer qu'il souhaitait être publié, du moins lu. » Mais l'auteur a-t-il eu le temps de se voir mourir ?

Quelles sont les qualités particulières de l'éditeur pour publier un texte sans auteur vivant ?

* patient : ce travail de décryptage, de transcription est à la fois artisanal et technique.

* organisé : le travail d'édition critique pour établir le texte est dense.

* insensible : l'éditeur se doit d'être homogène, de ne pas se laisser influencer, de ne pas réécrire l'Histoire.

L'auteur est absent, néanmoins l'éditeur établit son texte, c'est-à-dire l'annote, le donne à lire, le rend lisible et compréhensible. « Il donne à lire une vie remarquable. »

Selon Claire Paulhan, la littérature autobiographique doit faire sa place dans le temps. Le pari est courageux, peu de maisons se consacrent au travail difficile et peu rentable du décryptage d'archives (sauf, selon elle, les collections des éditions Gallimard : La Pléiade, Blanche et Quarto). Pour respecter l'auteur et son texte, elle trouve la bonne distance, l'équilibre entre reproduction et annotations. Un avertissement en début d'ouvrage permet au lecteur de savoir où trouver le manuscrit original du journal intime ou de l'autobiographie.

« Attention désintéressée et intérêt attentionné », dit-elle.

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