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35 ans de corrections sans mauvais traitements

Les éditions Acratie publient en juin 2011 35 ans de corrections sans mauvais traitements ou la vie professionnelle de Vanina, correctrice tour à tour dans la presse et l'édition, mais toujours syndiquée…

Ce récit autobiographique couvre 35 ans de textes à relire et publier, à travers l'évolution du métier de correcteur préparateur, des techniques, du vocabulaire (corrigeage, chameau, cassetin…), de l'industrie, des statuts et du Syndicat national de l'édition (SNE). Néanmoins, l'exigence restant la même, les anecdotes autour de la coquille sont intemporelles.

Voici la description et l'analyse du passage au travail à domicile des correcteurs :

« Au début des années 1980 […] entre autres raisons, le prix toujours plus élevé du mètre carré parisien incite à cette époque beaucoup d'éditeurs à supprimer leur service de relecture interne afin de réaliser des économies. Ils décident de payer désormais à la pige, et à un tarif bien sûr inférieur, la préparation de copie. Ils chassent donc de leurs murs les lecteurs-correcteurs ; et, confrontés à la menace du chômage, certains de ceux-ci acceptent d'être licenciés puis réembauchés avec la sous-qualification de correcteur à domicile. […] On le constate, les employeurs font preuve d'une imagination débordante afin d'arriver au moindre coût ! » [p. 52]

En présentant l'évolution de la convention collective de l'édition, elle précise celle des statuts du correcteur :

« Ainsi, la convention de l'édition opère-t-elle, à partir de leurs tâches respectives, une distinction entre le “lecteur-correcteur” et  le “correcteur à domicile” : le premier œuvre dans les locaux d'un éditeur, avec un statut et un coefficient de cadre ; le second, qui travaille donc chez lui, est rangé dans le collège employés et “bénéficie” d'une annexe spéciale. » [p. 14]

L'auteur décrit cet univers jusqu'au milieu des années 2000, période à partir de laquelle les travailleurs indépendants ou free-lances deviennent une alternative en édition, et en particulier en correction. Le statut d'auto-entrepreneur, dénoncé par le Syndicat des correcteurs, favorise l’émergence de ces profils depuis janvier 2009.

 

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